Paris! Ne sois pas cruelle s'il te plaît,
Berce-le dans tes rues et sur tes ponts.
Demande-moi les mots pour lui parler
Quand il se promène seul sous tes balcons.
Paris! Ne sois pas cruelle s'il te plaît.
Paris, laisse passer le vent du nord
Qui vient de moi, qui porte mes pensées!
Je pense à lui. Je pense à lui si fort,
Que les heures sont à peine deplacées.
Paris, laisse passer le vent du nord.
Paris, mon amie, j'me souviens de toi.
Je te lisais des poèmes d'Eluard,
Tu m'écoutais tranquille, sans émoi,
Mais avec attention jusqu'à tres tard.
Paris, mon amie, j'me souviens de toi.
Paris, récite-lui ces beaux poèmes.
Entre tes murs, il les reconnaîtra.
Et puis, tout bas, assure-le que tu l'aimes,
Il te prendra peut-être dans ses bras.
Paris, récite-lui de beaux poèmes.
Paris, la couleur de ton ciel le blesse,
Parle-lui quand des gens muets l'entourent!
Je ne peux plus endurer sa tristesse,
Ca me fait mal là où l'on sent l'amour.
Paris, la couleur de ton ciel le blesse.
Paris! Laisse-le libre de choisir,
Laisse-le partir où il veut quand il veut,
Toi, tu le verras sûrement revenir.
Si j'étais toi... ton ciel serait mes yeux...