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Bientôt notre tour!

Воскресенье, 22 Июня 2014 г. 13:03 + в цитатник

S’il devait être une démonstration de ce que la démocratie occidentale fondée sur le multiculturalisme devait marcher et se répandre sur la totalité du globe, l’Irak fut bien de celle-ci (http://breizatao.com/2014/06/22/multiculturalisme-...rdhui-sera-la-france-de-demain). Certes il y avait les buts de guerre stratégiques de l’élite occidentale, qui apparaissent comme de plus en plus flous à mesure que le chaos s’installe en Irak, mais il n’était pas uniquement question de pétrole et de conquête du Moyen-Orient lorsqu’en 2003 la coalition envahit ce pays. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les génies de la Maison Blanche et surtout des stratèges du globalisme avaient sincèrement cru possible et souhaitable de bâtir un Irak “démocratique”, reposant sur le principe bien connu: “Un homme, une voix”. C’était faire fi de ce que l’Irak fonctionne de façon traditionnelle, sur des bases tribales et confessionnelles, et non sur un principe social individuel. La “démocratie” en Irak fut, dès lors que le gouvernement civil fut assuré par les irakiens eux-mêmes, une dictature de la majorité, en l’espèce arabe chiite. Les Kurdes, bien organisés, purent échapper partiellement au centralisme chiite de Bagdad. Les Sunnites arabes quant à eux subirent le joug violent de leurs compatriotes chiites. L’avancée de l’État Islamique en Irak et au Levant, très largement appuyé par les tribus sunnites qui forment l’essentiel de la force armée insurgée, s’explique par cette fracture identitaire dans l’ordre social et politique. C’est une leçon à retenir: le réel est bien plus puissant que le volontarisme politique cher à Rousseau. Et de la même façon, quoique selon des dynamiques spécifiques, l’Europe et la France multiculturelle s’acheminent du même mouvement vers la libanisation et l’atomisation sur des lignes ethniques et confessionnelles. C’est ce que redoutent les familles qui détiennent l’État Français entre leurs mains, car la raison d’être de l’état est de se maintenir en juge de paix. Toute remise en cause de l’impartialité de ce juge par la population signifie, implicitement, l’aspiration à le remplacer. Dès lors les mauvais coucheurs qui les mettent en reliefs sont censurés. La notion même de légitimité du pouvoir est réductible aux intérêts de ceux qui le soutiennent. Que ces intérêts divergent de trop et l’explosion politique survient. Le mythe d’un état détaché des réalités complexes et conflictuelles, nécessairement teintées d’arbitraire et de mesures approximatives, ne pourra pas se maintenir à mesure que la cocotte minute multi-ethnique français voit sa pression interne augmenter. Et au final, il faudra bien que le pouvoir d’état soit reconfiguré pour garantir une forme d’équilibre, c’est à dire favorable à une majorité. Pour l’heure, l’équilibre est assuré par la domination d’une élite et le maintien d’un statu quo que personne ne peut encore renverser, d’abord et avant tout parce que le plus gros y trouve une partie de son compte. Mais vient le moment où la notion de majorité se redéfinira. Nous en sommes encore à une définition “politique” de la notion de majorité. Mais la venue de masses non européennes en grand nombre fait évoluer progressivement cette notion d’une définition exclusivement politique à une définition ethno-confessionnelle, comme en Irak. Les Blancs, comprendront que l’État n’est plus l’émanation de ce qu’ils sont. C’est d’ailleurs de cette ambiguïté que résulte le statu quo: les Blancs, intoxiqués à coup de “patriotisme” tricolore, croient encore que l’État Français est leur état, essentiellement du fait du poids de l’histoire, et que les intérêt de cet état sont réductibles aux leurs et que toutes les difficultés viennent de problèmes de gestion. Quand ils auront pris conscience que les problèmes sont générés précisément parce que cet état n’est pas le leur et que la seule finalité de l’État Français est sa propre continuité, et que celui-ci se comporte à leur égard comme un pouvoir colonial qui se charge de les vampiriser pour assurer son propre maintien, la rupture sera consommée.

Nous en sommes encore à la phase inconsciente. Mais la sécession approche. Et les élections, à ce titre, constituent l’exercice de relégitimation régulier grâce auquel la dépossession des Blancs se poursuit. Sans accorder trop d’importance au Front National français, soulignons seulement ici que les succès électoraux de ce parti repose sur un malentendu entre son électorat et les dirigeants de son parti: les cadres du FN veulent assurer la reproduction de l’État Français car ils croient encore que l’État Français est strictement réductible aux Français eux-mêmes et que les intérêts de cet état sont symétriques à ceux des Français. L’électorat frontiste raisonne de la même façon, quoiqu’en inversant l’idée: pour lui les Français sont strictement réductibles à l’État Français lui-même et les intérêts des français sont symétriques à ceux de l’État Français. Au final cependant, les cadres frontistes sont déjà prêts inconsciemment, voire consciemment pour certains d’entre eux, à se comporter comme les dirigeants de l’État Français actuel, pourvu qu’ils en deviennent eux aussi des administrateurs. Tout comme l’Irak, la France repose sur la fiction d’un état unitaire qui craquera à mesure que les dynamiques ethniques et confessionnelles deviennent structurantes dans l’ordre – ou le désordre – social. Avec les mêmes conséquences.

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