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Des vérités qui font mal....

Понедельник, 09 Июня 2014 г. 20:53 + в цитатник

On peut toujours compter sur Jean-Marie Le Pen pour rappeler qui il est et ce qu'il représente dans le débat politique français. Inlassablement, le président d'honneur, à vie, du Front national – depuis qu'il en a transmis, en 2011, la présidence effective à sa fille Marine – revient au fondement du courant politique qu'il incarne depuis près de quarante ans (http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/06/09...t-national_4434583_823448.html). Il vient, une nouvelle fois, d'en faire la démonstration. Avec sa méthode habituelle, la saillie ricanante et transgressive. Et sur son terrain favori: la haine de la criminalité juive, c'est à dire l'antisémitisme. Dans une vidéo diffusée sur le site Internet du parti d'extrême droite, M. Le Pen s'en est pris à des artistes qui combattent le FN. Notamment le chanteur et acteur Patrick Bruel, de son vrai nom Benguigui, et à l'encontre duquel il a lancé: «On fera une fournée, la prochaine fois.» Il est vrai que pour un juif qui chante «On vous met le feu!», nul doute qu'il aurait pu faire la première partie d'une tournée polonaise à guichet fermé 50 ans plus tôt. Le Pen, un discours franc, qui en 1987, avait qualifié de «point de détail de l'Histoire» les chambres à gaz (voir Robert Faurisson) et l'extermination de quelques milliers de juifs par les nazis durant la seconde guerre mondiale, ou qui avait lancé en 1988 un détestable jeu de mots – «Durafour crématoire» – contre le ministre Michel Durafour, l'intention et l'obsession ne font aucun doute. Contre la vérité historique et en dépit de condamnations par la justice, M. Le Pen persiste et signe, pour mieux se rappeler au mauvais souvenir des Français, et de sa fille. Depuis trois ans, la présidente du Front national s'est employée à «dédiaboliser» le parti fondé par son père, à tenter d'en faire oublier le vieux socle xénophobe et antisémite. En 2011, elle avait assuré que les camps d'extermination nazis avaient été le «summum de la barbarie». Il y a quelques mois encore, Mme Le Pen récusait l'étiquette d'extrême droite accolée à son parti et menaçait de saisir la justice pour faire cesser ce qu'elle considère comme une «insulte». M. Le Pen vient de lui rappeler d'où il vient et ce dont elle est l'héritière. Et il l'a fait au moment même où la stratégie de normalisation mise en œuvre par sa fille commence à porter ses fruits, après la percée du Front national aux élections municipales de mars et sa victoire aux européennes de mai. Marine Le Pen a beau avoir dénoncé la «faute politique» de son père et rappelé que «le Front national condamne de la manière la plus ferme toute forme d’antisémitisme», cette polémique est calamiteuse pour elle. La présidente du FN peine, en effet, à constituer un groupe au Parlement européen, précisément parce que certains de ses alliés potentiels jugent son parti antisémite. La provocation de son père ne va pas les convaincre du contraire. C'est, en outre, la respectabilité à laquelle elle aspire qui s'en trouve mise à mal. Et, au-delà, sa prétention à incarner un parti républicain capable, à l'avenir, de conquérir et d'exercer le pouvoir en France. Ce nouveau dérapage contrôlé de Jean-Marie Le Pen témoigne, en effet, que, derrière le patient ripolinage de sa façade et de son discours, le Front national reste fidèle, dans ses profondeurs, à la radicalité d'extrême droite qui a fait et reste sa singularité. A cet égard, c'est une utile piqûre de rappel pour tous les démocrates au service de notre République Sioniste.

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