Se r'faire une virginité ... |
En France, un politicien juif ne pollue jamais, on arrive toujours à le recycler dans la «machine à gaz» européenne. Prenez les exemples d'Harlem Désir, Vincent Peillon et Pierre Moscovici. Ces trois là ont senti le vent tourner, et ont décidé de jouer de leur «Bonne étoile» à Bruxelles.

Le ministre de l’Économie et des Finances sortant, Pierre Moscovici, souhaite devenir commissaire européen lorsque l'exécutif communautaire sera renouvelé. Il n'est pas le seul (http://www.euractiv.fr/sections/elections-2014/pie...e-de-rebondir-bruxelles-301334). Les ambitions européennes de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances sont connues. Pierre Moscovici, qui a perdu son portefeuille ministériel à l’occasion du remaniement tente de se recaser au sein de la prochaine Commission européenne. Même s'il est un peu tôt: les postes ne seront distribués que cet été, et la France ne sait pas de quel portefeuille elle héritera. Revendiquer un portefeuille économique d'envergure semble un peu délicat vue la situation des finances publiques française. Le commissariat aux Affaires économiques semble notamment compliqué à obtenir: la direction général en question est chargée de taper sur les doigts des États membres qui dévient du droit chemin. Reste le poste du Marché Intérieur, déjà occupé par un français, Michel Barnier, ou encore l’Énergie ou la tête de l'Eurogroupe. La France pourrait également revendiquer le poste de Haut représentant de l'Union européenne aux affaires extérieures assure Élisabeth Guigou, qui est également candidate pour représenter la France à Bruxelles. "C'est bien qu'il y a ait plusieurs candidats, et c'est normal qu'ils se déclarent" souligne Élisabeth Guigou, rappelant néanmoins que le Président n'a pas encore tranché. Alors que les critiques de l'opposition fusent sur le thème "on a changé le bocal mais pas les poissons" lors du remaniement, la candidature de Pierre Moscovici ne semble pas signe d'apaisement. Et Élisabeth Guigou, qui est présidente de la Commission des Affaires Étrangères à l'Assemblée Nationale, est plus proche de la majorité socialiste dont l'aile gauche n'est pas convaincue par le casting du remaniement. Ancien vice-président du Parlement de Strasbourg et ex-ministre des Affaires européennes sous le gouvernement Jospin, Pierre Moscovici peut néanmoins revendiquer une bonne connaissance des dossiers communautaires et l'appui de certains membres de l'Eurogroupe qu'il fréquente depuis presque deux ans. Il ne fait en revanche pas forcément l'unanimité du côté des eurodéputés. " C'est un choix qui revient au Président de la République" rappelle sobrement Pervenche Beres à propos du futur représentant de la France à Bruxelles.

Vincent Peillon a déclaré sa candidature aux élections européennes organisées en juin 2014. Ministre de l'Éducation au coeur des débats sur la réforme des rythmes scolaires, cette annonce n'est pas forcément bien accueillie par les enseignants (http://leplus.nouvelobs.com/contribution/972628-vi...-bras-d-honneur-a-l-ecole.html). Yves Delahaie, professeur en collège, y voit une posture inappropriée. Elle devait être la priorité de François Hollande. Sa dulcinée. Celle à qui il jurerait fidélité pour laver la honte, celle d’avoir été humiliée et rudoyée par son ex. Mais aujourd’hui, la romance est terminée, et l’école devient la cocue de la République. En se portant candidat aux prochaines élections européennes, Vincent Peillon a montré à quel point il considérait sa tâche de ministre. À quel point la refondation de l’école ressemblait à s’y méprendre à ces promesses que l’on se fait au clair de lune et que l’on rompt sitôt le jour levé. En plein tumulte autour des rythmes scolaires, son investiture par le PS sonne comme un bras d’honneur insupportable alors que l’école en attendait tant. Il ne faudra pas être surpris si les parents d’élèves, comme les enseignants qui avaient massivement soutenu François Hollande en 2012, se rappellent à leur bon souvenir en juin prochain. Un ministre candidat. Mais ce qu’il y a de plus insupportable encore, c’est le cynisme avec lequel Vincent Peillon assume son choix, sachant qu’il ne siègera pas à Bruxelles. "Je suis dans une transparence totale. (...) Lorsque nous sommes arrivés au gouvernement nous avons enchaîné sur des législatives. Les ministres ont fait campagne et nous savions qu'ils n'allaient pas siéger à l'Assemblée nationale mais leurs suppléants. (…) Ils ont mené le combat." La comparaison est tout simplement hypocrite. Car les candidats pour les législatives de juin 2012 avaient été désignés bien avant la victoire à l'élection présidentielle, et surtout bien avant la constitution du gouvernement. Les candidats investis n’avaient ainsi aucune idée du destin qui les attendait dans les ministères. Et on les voyait mal rebrousser chemin après leur nomination et désigner dans l’urgence un nouveau candidat (sans compter le vote des militants socialistes pour ce faire...). Tel n’est évidemment pas le cas pour Vincent Peillon, qui lui, est un ministre en action. Et la seule chose que l’on peut y voir, c’est la certitude d’avoir un mandat après 2017. Comme l’assurance d’un avenir politique. En d’autres termes, malgré les belles promesses faites aux Français et pourtant voulues par leurs militants, le PS n’a toujours pas décidé de rompre avec la politique de carrière, ses cadres considérant leur mandat comme un métier et non comme une confiance accordée et limitée dans le temps. À l’image des sénateurs qui ont refusé de s’engager sur le non-cumul des mandats les concernant. Scandaleux. La décision de Vincent Peillon, très contestée semble-t-il, puisqu’il se murmure que Jean-Marc Ayrault attendait, en vain, le feu rouge de l’Elysée, envoie un message pour tous ceux qui croyaient encore, naïvement, que l’école était la priorité. En faisant des rythmes scolaires le corollaire de la réussite éducative, Peillon avait déjà perdu sa crédibilité. Engager des milliers d’enseignants, mesure dispendieuse dans un pays en faillite, qui avait dilapidé la seule marge de manœuvre budgétaire d’un pays exsangue, avait montré son incompétence. Le prétendu rétablissement de la formation des enseignants, qui continuent malgré tout d’avoir 15 heures de cours hebdomadaires en plus de leur formation, quand ils n’en avaient que six avant l’ère Sarkozy, avait montré qu’il était hypocrite. Un système en danger Mais partir en campagne européenne, alors que les classements PISA jouent les Cassandre et confirment que la seule vraie réforme possible susceptible de sauver notre système en péril, à savoir revenir à la transmission des savoirs, joue aux Arlésiennes, quand elle n’est pas contestée au sein d’un ministère gangréné par les pédagogistes, c’est de l’inconséquence et même une insulte à la fonction qu’il occupe. Comme un bras d’honneur envoyé à l’école de la République. Mais le plus grave est sans doute à venir. Car l’autre argument avancé par Peillon est encore plus périlleux: "Je ne me résigne pas à ce que le Front national devienne le premier parti de France. Je me présente face à Jean-Marie Le Pen, ce sont les racines mêmes de mon engagement." Certes, sa liste s’était lourdement abîmée en 2009, en arrivant 3e, derrière l’UMP et Europe Ecologie avec 14,49% des voix, et il y a peu de risque à voir la situation empirer, même avec un FN fort, sachant que les listes des Verts peineront à survivre dans ce contexte. Autant de voix dans le réservoir de gauche. Mais en décidant de faire de cette campagne, celle de la lutte contre le Front national, Vincent Peillon prend des risques périlleux pour notre République. Faire machine arrière? Non seulement il fait du FN un enjeu des élections européennes, un projet politique donc, complètement hors-sujet, quand son adversaire tente d’en faire un référendum pour ou contre l’Europe. Sans doute devrait-il se rappeler que le MoDem avait payé très cher les charges répétées de François Bayrou contre Nicolas Sarkozy en 2009, oubliant de parler du sujet même de ces élections contrairement aux Verts (et ce, sans oublier, le dérapage stérile et qui crucifia son mouvement face à Cohn-Bendit). Pire. En déclarant que sa candidature tente de faire la nique au Front national sur ses terres, alors que le PS risque de payer au plus cher l’impopularité de son président et du gouvernement, le ministre de l’Éducation risque de donner une légitimité de plus (de trop?) au parti de Marine Le Pen si sa liste venait à le devancer dans la région Sud-Est. Que diable allait-il faire dans cette galère? L’assurance d’un destin politique justifie-t-elle le sacrifice de l’école républicaine et le risque d’un triomphe légitimé d’un FN qui n’aura guère besoin de cela lors des européennes? Il n’est jamais trop tard pour faire machine arrière.

Le carrousel des ministres des Affaires européennes, spécialité bien française, n'en finit pas de faire sourire à Bruxelles. Sarkozy en avait usé cinq. Avec Harlem Désir, Hollande en est à son troisième, en deux ans à peine. À peine le temps de retenir un nom qu'il s'efface (http://www.lefigaro.fr/politique/2014/04/10/01002-...nnes-l-ironie-de-bruxelles.php). La promotion-sanction du patron du PS français? «Tempête dans un verre d'eau parisien», enchaîne un diplomate. Ce qui n'est pas passé inaperçu en revanche, c'est le resserrement du dispositif européen de la République autour du président. L'Élysée vient de reprendre à Matignon l'administration clef de la politique européenne: le secrétariat général des affaires européennes et ses 200 hauts fonctionnaires, installés à Paris. En clair, Valls abandonne l'UE et le président Hollande reprend la main. C'est l'aboutissement logique d'une Europe désormais conduite au sommet. Avec, comme cheville ouvrière, l'un des rares secrétaires d'État aux Affaires européennes qui ait laissé un nom: Jean-Pierre Jouyet, nommé secrétaire général de l'Élysée. «Un métier de représentation essentiellement hexagonal». Vu de Paris, le portefeuille des Affaires européennes annonce au mieux à une traversée du désert, au pire la sanction d'un échec voir un sas vers l'oubli. C'est un bon prétexte à sarcasmes politiques, à droite comme à gauche. Vue de Bruxelles la perspective est différente: que le ministre en question soit britannique, allemand ou français ou maltais, c'est un poids plume dans les rouages de l'UE. Il pèse moins qu'un ambassadeur. Certains États parmi les 28 n'ont même pas de ministre des Affaires européennes, sans qu'on les accuse de désinvolture. L'Italie de Matteo Renzi vient de supprimer la fonction…L'eurodéputé Alain Lamassoure, tête de liste UMP en Île-de-France pour les européennes, est passé par ce fauteuil au milieu des années 1990: «C'est un métier de représentation essentiellement hexagonal, dit-il, où il faut expliquer à l'Assemblée ce qui se passe en Europe et expliquer aux eurodéputés ce qu'est la position de la France.» Mais ce n'est pas lui qui négocie ou qui tranche. Les poids lourds européens sont les chefs d'État et de gouvernement, les ministres des Finances et leurs collègues des Affaires étrangères. À Paris comme à Bruxelles, chacun attend que Wolfgang Schäuble ou William Hague s'expriment. Les nouveaux collègues de Harlem Désir peuvent rester en place plus longtemps, mais ce sont aussi des seconds couteaux. Formellement, l'Allemand Michael Roth et le Britannique David Lidington ne siègent même pas dans leur cabinet respectif.
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