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"Tout droit jusqu'à la Kommandantur, puis à gauche sur 500 mètres"

Четверг, 01 Мая 2014 г. 12:34 + в цитатник

Face aux restrictions et à la médiatisation auxquelles ils sont exposés en Allemagne, les adorateurs du culte hitlérien ont trouvé une parade depuis des années pour faire la fête: traverser les frontières. En France, l'Alsace et la Lorraine sont des destinations prisées. Et ce samedi de Pâques, ce sont quelques 200 néonazis venus principalement d'Allemagne ont fêté clandestinement le 125e anniversaire de la naissance d'Adolf dans la salle communale d'Oltingue (Haut-Rhin), près des frontières allemande et suisse (http://www.20minutes.fr/article/1361677/ynews1361677?xtor=RSS-176). Au grand dam de la mairie, trompée sur l'objet de la soirée. «C'est déjà arrivé en Alsace», reconnaît du bout des lèvres la gendarmerie. «On a parfois des rassemblements de ce type, en général du côté de la Moselle, très près de la frontière allemande», confie également une source policière lorraine, évoquant des soirées privées «très maîtrisées, très discrètes» et qui ne génèrent «pas de trouble à l'ordre public». Par conséquent «on n'a aucun pouvoir d'aller voir ce qui s'y passe. On pourrait interdire ces rassemblements s'ils étaient déclarés avec un objet précis, mais ce n'est jamais le cas», explique-t-on de même source. La législation allemande en revanche est nettement plus restrictive envers les rassemblements des groupuscules aryens. «Au-delà d'un certain nombre de personnes réunies dans une salle, arborer des emblèmes nazis ou assimilés est illégal, même dans un cadre privé», selon Gideon Botsch, chercheur spécialiste de l'extrême droite à l'université de Potsdam, près de Berlin. Les autorités allemandes font également la chasse au rap néonazi, ou «hatecore», qui est un outil de recrutement important dans ces milieux. Certaines chansons accusées d'épouser l'idéologie néonazie ou de contenir des paroles racistes sont sur liste noire et leur vente interdite dans le pays. Aussi «le cadre législatif plus libéral de pays voisins offre des opportunités», ajoute Gideon Botsch. Il cite pêle-mêle la Pologne, la République tchèque, le Danemark, la Belgique flamande, les Pays-Bas et l'est de la France comme destinations de choix. Mais à l'étranger aussi les néonazis prennent des précautions: pour ne laisser aucune trace et éviter d'éventuelles poursuites judiciaires, les organisateurs de la soirée avaient ainsi banni caméras et téléphones portables. A Volmunster (Moselle), des néonazis allemands disposent depuis quelques années d'un chalet privé sur un lopin de terre isolé pour pouvoir y cultiver des patates et y organiser des concerts en toute tranquillité. «Je ne sais pas si le terrain est à eux, mais il appartient à un Allemand», déclare le maire de la commune, Daniel Schaff. «De temps en temps» des gens «viennent avec un semi-remorque et font de la musique», témoigne-t-il. «Mais ils ont de l'ordre, et laissent les douches propres. Le lendemain il n'y a plus trace de leur passage». Personne ne se plaint non plus. «Qu'est-ce que vous voulez faire? Wagner est très apprécié par ici», lance le maire. Les élus locaux sont plus embarrassés quand les néonazis, parfois via des «camarades» français, louent des salles communales sous un prétexte fallacieux. Avant Oltingue, ce genre de mésaventure était déjà arrivé, par exemple à Schleithal (Bas-Rhin), en 2008, ou à Rohrbach-lès-Bitche (Moselle), en 2011. Les JN, les jeunesses du parti allemand d'extrême droite NPD, s'étaient également réunies dans le Bas-Rhin, à Hatten, en 2011, et à Salmbach, en 2012. La même année, plus d'un millier de néonazis venus en majorité d'Allemagne avaient fait la fête dans un hangar privé loué pour l'occasion à Toul (Meurthe-et-Moselle), après avoir été empêchés au dernier moment de louer la salle polyvalente de Volmunster. «En général ils louent plusieurs endroits à la fois, ils ont toujours un plan B», explique Alexander Breser, porte-parole de la cellule antifasciste de Sarrebruck (ouest de l'Allemagne). «Sur les flyers diffusés sur des forums internet spécialisés, le lieu des concerts n'est jamais précisément indiqué. Il y a juste un numéro de téléphone temporaire ou un e-mail. Ce contact permet d'obtenir le lieu d'un premier rendez-vous, et sur place on vous donne l'adresse finale», selon Alexandre Breser. Un concert similaire est annoncé «dans le nord de la France» pour fin mai, d'après un flyer repéré sur internet par des cellules antifascistes allemandes et suisses. Ce qui peut désigner en réalité la Lorraine, supposent-elles. Roger Kapoutchi, vice-président de l'Amicale des Vieux Juifs Marocains, a écrit mercredi une "lettre ouverte" au juif Manuel Valls pour lui demander comment des néo-nazis allemands avaient pu fêter l'anniversaire de Tonton en Alsace sans être inquiétés par les gendarmes. Imaginez: "Une réunion regroupant 200 néo-nazis essentiellement allemands s'est tenue dans un village français" du Haut-Rhin. Cette soirée était donnée en l'honneur de l'anniversaire de la naissance d'Adolf Hitler, avec chants, musique et concours de costumes", dénonce M. Kapoutchi dans cette lettre au Premier ministre dont une copie a été remise à l'AFP. Le sénateur des Hauts-de-Seine précise que "la mairie de la commune a été abusée et ne savait pas quel était l'objet de la réunion lorsqu'elle a accordé la salle". Seule l'odeur de gaz aurait éveillé ses soupçons. "En revanche, il apparaît que les autorités allemandes ont prévenu les autorités françaises qui ont diligenté sur place un peloton de 2 gendarmes qui n'est pas intervenu, ses responsables affirmant qu'il s'agissait d'une réunion à caractère privé qui n'a pas donné lieu à un trouble à l'ordre public", poursuit-il. Les contrôles à l'éthylotest sur le parking se sont d'ailleurs révélés négatifs, le schnaps était sans alcool. "Ainsi donc nous votons un arsenal législatif toujours plus important par rapport à une expression discriminante quelle qu'elle soit et 200 nazis peuvent impunément fêter Adolf dans une salle publique d'une commune de France!", s'indigne M. Kapoutchi. Il demande au Premier ministre "si les autorités allemandes (avaient) prévenu les autorités françaises" et pourquoi "cette réunion n'a pas été interdite avant qu'elle ait lieu ou au moment même de son déroulement si des forces de gendarmerie étaient sur les lieux". "A quelques jours des commémorations du 8 Mai, du Débarquement du 6 Juin ou de l'Appel du 18 Juin, l'incompréhension et l'amertume l'emportent", affirme-t-il. "Faut-il compléter les textes? En sommes-nous arrivés à un tel magma législatif qu'en réalité, nos textes sont inapplicables? En tout état de cause, il paraît inacceptable d'être doté d'un tel arsenal législatif pour que de telles manifestations puissent avoir lieu sur le territoire français. Faut' il attendre de voir quelques gros juifs à la broche pour pouvoir enfin agir?", ajoute-t-il. Nous vous rappelons que l'on peut parfaitement célébrer Adolf sans être nazi!

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