Aujourd'hui, manifestation à Nantes. |

Les nationalistes bretons arboreront le KROAZ DU lors de la manifestation place de Bretagne (départ 15h) à Nantes, pour la réunification nationale. Les nationaux pourront les rejoindre de cette façon plus facilement.

Conscient des enjeux, en face, les gérontes du socialisme se mobilisent aussi. Ou du moins tentent de se mobiliser pour sauver leurs fiefs. Pierre Maille (66 ans), Claudy Lebreton (66 ans) et Jean-Louis Tourenne (70 ans), respectivement présidents des conseils départementaux du Finistère, des Côtes-d’Armor et d’Ille-et-Vilaine, font savoir dans un communiqué tout le mal qu’il pense de la nouvelle ligne politique du gouvernement français. Les prêtres de la religion de l’égalité contre l’ethnisme breton (http://breizatao.com/2014/04/19/les-presidents-ps-...n-bretonne-identitaire-analyse). Naturellement, les grands principes abstraits sont convoqués en défense des bas intérêts d’épicerie politique. Y compris, avec une hypocrisie nappée de cynisme, celui de la “décentralisation” qui serait menacé par la fin de l’échelon départemental – un comble – pourtant plébiscité par 60% de l’opinion publique française. Pourtant, ce qui frappe en filigrane, c’est bien l’impression générale de défaite idéologique du jacobinisme et de ses corollaires socialiste et communiste. Face à la fin des grandes idéologies modernistes et au retour des valeurs traditionnelles d’ordre, de limite et de hiérarchie, ces trois gérontes excipent la peur de voir émerger une région Bretagne se fondant sur son “identité”. Voici ce qu’ils écrivent: “Pour porter un développement économique durable et ambitieux, dont nous avons besoin, faut-il limiter par exemple l’élargissement régional à une ambition identitaire et s’interdire de construire un vaste territoire, en pointe sur les activités liées à la mer, puissant sur le plan de la production agricole, développant une industrie agroalimentaire capable de se porter au premier rang en Europe?” L’analyse du lexique utilisé est toujours cruciale pour comprendre les a priori idéologiques de ceux qui feignent la neutralité du discours. Le mot “limiter” rappelle une marque traditionnelle de la religion du progressisme qu’est le refus de la mesure, présentée comme aliénante pour l’individu. Toute limitation, frontière ou hiérarchie naturelles et héritées, bref tout ce qui structure verticalement et horizontalement une société est présenté comme une atteinte à l’individualisme prométhéen de l’idéologie du progrès. Ce profond ressentiment à l’égard de toute forme d’équilibre – il n’y a pas d’équilibre sans maîtrise, donc sans ordre limitatif – traduit assez bien cette croyance commune qu’entretiennent les progressistes en une nécessaire rupture de l’individu avec toute forme d’attache héritée. Cette “limite”, présentée comme intolérable aux tenants de la religion séculière du progrès, suppose en retour la création d’un individu déraciné et uniformisé qui ne devra pas davantage se distinguer des autres, faute de quoi l’hétérogénéité demeure. Cet individualisme a donc pour compagnon l’égalitarisme niveleur. Et cette limite “insupportable” s’incarne ici dans le texte par le terme “ambition identitaire”. L’identité y est bel et bien dépeinte comme une aliénation enfreignant le grand principe d’égalité perçu comme le garant de l’individualisme prométhéen. L’universalisme géographique contre le nationalisme ethnique. Sans surprise, ces trois idéologues, à défaut de pouvoir maintenir la division du corps traditionnel qu’est le peuple breton comme communauté ethnique – donc fondamentalement antagoniste au concept déréalisant de “peuple français – proposent de la noyer dans un tout plus vaste que serait “un vaste territoire”. Notez bien l’opposition entre ce terme géographique et le terme précédent, “identitaire”, qui lui se réfèrent aux hommes, à certains hommes en ce qu’ils ont en commun, qui les séparent des autres. C’est là encore l’affrontement entre un ordre politique défini selon la nature des communautés humaines particulières et un ordre fondé selon un principe désincarné, normatif et déshumanisant, celui de la seule géographie, afin d’abolir les différences humaines qui lézardent le mythe égalitaire. Cette tentative de “débordement par le haut” de l’ethno-nationalisme breton, pour l’instant limité à un régionalisme ethnique, à défaut de pouvoir le neutraliser par le bas, est révélateur du vieil affrontement entre les tenants de la religion de l’égalité portée par la révolution française, puis par le socialisme et le communisme, et le monde traditionnel, issus du réalisme différenciant sur les plans ethno-biologiques, spirituels, sociaux et économiques. Cet affrontement entre la religion de l’égalité, du “même”, de ce vaste projet de fusion de l’humanité en un grand tout indifférencié et leurs opposants traditionnalistes, partisans de la société d’ordre, hiérarchisée, différenciante et réaliste. Un vaste mouvement de mutation idéologique. Loin d’être une simple question de réforme de détail, il s’agit de la manifestation de la fin du grand cycle décadentiste et anti-traditionnel entamé au XVIème siècle avec la Réforme protestante, poursuivi par les soi-disantes “Lumières” et les révolutionnaires du messianisme juif que fut le marxisme et ses succédanés. Cette rupture est le résultat de la fin du passage de la religion universelle qu’est le christianisme à celui de son hérésie que fut l’universalisme socialiste (ou marxiste, démocratique, etc.). Il est accéléré par la déconfiture de l’empire mondial occidental qui s’était donné une religion séculière universaliste à la mesure de son expansionisme militaro-économique: les droits-de-l’homme ou le marxisme.Avec la faillite du communisme, le recul de l’Occident et de son phare américain, les Européens sont renvoyés dans leur foyer civilisationnel par des civilisations concurrentes rejetant leurs valeurs, y compris sur leur propre sol, notamment par une religion archaïque conquérante, sûre d’elle et dominatrice: l’islam. En toute logique, la révolution-conservatrice voit sa dynamique s’amplifier et elle va le faire toujours plus fortement, à mesure que le monde occidental et son influence se rétrécissent, sont contestés, bref, redécouvrent la notion de limite, donc de mesure et d’équilibre. La démocratie et le socialisme sont le corollaire de l’expansionnisme matériel – géographique et économique – rendu possible par les révolutions technologiques européennes. Plus l’Occident s’est étendu, plus la démocratie s’est imposée, plus le nivellement par le bas des sociétés a opéré, selon un rapport évident entre rapports socio-politiques et lois de la physique. Après la phase de cinq siècle d’expansion et de massification, spirituelle et matérielle, la crise induite par les limites physiques que rencontre l’Occident débouchera par une nouvelle concentration de ce dernier sur son foyer originel et par une nouvelle hiérarchisation de l’ordre socio-politique. Comme tas de sable qui se nivelle si on l’étend, ou se forme en pyramide si on le concentre. Il n’y a pas de progrès du socialisme sans capitalisme efficace, car le socialisme ne prospère que lorsque l’accumulation de richesse permet de s’acheter les fidèles de sa religion. Là encore, il s’agit d’un phénomène dynamique, cette religion matérialiste dépendant, par évidence, de l’expansionnisme matériel d’une société donnée. Cette mutation profonde emprunte mille formes différentes, jusque dans sous l’aspect d’évolutions a priori anodines comme la suppression des départements. Mais celle-ci ne l’est pas: leur destruction est aussi symptomatique et révolutionnaire que leur création, elle en dit aussi long sur l’état de la psychée en Europe, en France et a fortiori sur le sol breton. Tout désormais va aller de plus en plus vite, et nos succès vont s’engranger pour la plus grande surprise de nos militants qui n’auront pas forcément vu la tectonique des plaques à l’oeuvre, dans les soubassements de l’inconscient des peuples blancs.
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