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Les poulets élevés au bon grain.

Суббота, 08 Февраля 2014 г. 11:59 + в цитатник

Les provocations policières ne sont pas nouvelles, elles sont même inscrites dans l’histoire de la République. Les sceptiques sont ceux qui n’en ont jamais vu, et ceux qui oublient que les forces de l’ordre ont en fait deux missions: le maintien de l’ordre et la protection du pouvoir en place (http://www.oragesdacier.info/2014/01/jour-de-colere-la-provocation-policiere.html). Quand le pouvoir ne respecte plus l’ordre, la police devient politique et abuse des pouvoirs de maintien. Ce dimanche soir, après 3 heures de marche, nous avions une alliée: la pluie. Si vous étiez dans la rue, vous avez vu hier soir dans quel état était vos vêtements, en particulier les pantalons.

A droite, deux manifestants, visages découverts, pantalons mouillés jusqu’à mi mollet. à gauche, un groupe d’une dizaine d’hommes, 25-35 ans, air «racaille», tous cagoulés (oreilles couvertes) et pantalons secs. Comment ont-ils réussis à garder leurs pantalons secs après 3 heures de marche? Quel est leur secret? Est ce du Damart? Où peut-on acheter les pantalons magiques? Pourquoi la cagoule (en tissu, qui ne sert pas à grand chose contre la pluie)? Autre vue du même groupe: pantalons secs, gants de cuir dans la poche, cagoules.

Ce même groupe est celui qui, vers 18h15, quelques minutes après la dispersion, a brutalement attaqué le camion média qui s’occupait de la retransmission. Attaque en groupe, jet de verres (en verre), barrières renversées contre la carrosserie. J’ai transmis les autres photos au prestataire, qui se chargera de porter plainte ou pas … et contre qui? Qui sont-ils, d’où viennent-ils? Quand, vers 18h35, on voit passer un bande de «jeunes» en furie sur le bord de l’avenue de Breteuil, et réussir à traverser le cordon policier qui encerclait la place Vauban, grands cris d’acclamation de la foule piégée, qui se muent aussitôt en cris de rage: les jeunes passent derrière le cordon de CRS (à les toucher) pour se repositionner de l’autre côté de l’avenue. Peut-être de bienveillants pandores?

Le doute m’habite. Participation à une manifestation avec une arme: 3 ans d’emprisonnement. Rébellion contre forces de l’ordre avec arme: 3 ans de prison. Le tout à 15 mètres des CRS. Moi je dis, chapeau! (calot ou kippa?) Quelques minutes après, quand la foule, dans un mouvement pas très heureux, apporte 4 barrières de sécurité (récupérées sur l’emplacement du camion régie qui n’a pas demandé son reste) vers les CRS, en restant à 15 mètres, les CRS chargent 30 secondes après. Parmi les porteurs de barrière, quatre ou cinq passent magiquement à travers la rangée de CRS et se retrouvent derrière. Ils se chargent alors de récupérer un des manifestants (les CRS sont équipés de boucliers, et n’ont donc pas de mains libres), en le traînant sur le bitume par la jambe. Il réussira à s’échapper, non sans mal.

La souricière, avenue de Tourville, 18h45: une cinquantaine de manifestants tournent en rond au milieu de 200 CRS, qui les empêchent de sortir (ou en font sortir arbitrairement quelques uns). Ça énerve comme il faut?

Attention, au bout de 30 minutes hors du camion chauffé, il devient difficile de distinguer sur la base du pantalon mouillé ou pas le casseur du manifestant du flic manifestant casseur. Heureusement, de temps en temps, ils remettent le brassard! Des fois que.

Voici le témoignage de Thibault, une des nombreuses victimes de brutalité policière ce dimanche 26 janvier 2014 aux alentours de 18h: La manifestation «Jour de colère» s’achève, les organisateurs appellent à la dispersion. Je n’ai même pas le temps de sortir saucisson et cacahuètes que j’avais apportés pour l’apéro que les CRS envoient les premières salves de grenades lacrymo après avoir bouclé la place Vauban (http://www.oragesdacier.info/2014/02/lofficier-de-police-veut-me-pousser.html). La réaction est immédiate: se sentant pris au piège, des centaines de manifestants jusque-là pacifiques courent dans tous les sens, certains se replient face aux gaz lacrymo, d’autres tentent de forcer les barrages de CRS pour échapper à la nasse mise en place par la préfecture de police. De mon côté, j’ai perdu de vue mes amis dans la panique générale et, voulant ne pas me mêler à un groupe particulièrement excité, je me rapproche des lignes de CRS malgré les gaz. Isolé, je suis une proie facile; aussitôt un groupe de policiers en civil m’a sauté dessus et tiré derrière le cordon de CRS avant même que je comprenne ce qui m’arrive. C’est alors que je subis un véritable passage à tabac: coups de poing, de pied et… de matraque! Alors que n’ai fait preuve d’aucune rébellion, les agents se défoulent sur moi. J’ai mal partout et particulièrement au bras gauche, j’ai le cuir chevelu ouvert et du sang coule sur mon visage, il est 18h30…On me fait attendre dans un fourgon cellulaire avant de me conduire dans un bus de la police où je tombe des nues lorsque j’apprends que je suis interpellé pour «violences sur agent dépositaire de la force publique». Je refuse de signer le PV d’interpellation. Je suis ensuite conduit au commissariat du 5e où je suis assez rapidement mis en cellule avec neuf autres personnes dont deux journalistes qui n’en reviennent pas d’être là non plus. Les heures passent, interminables. On discute, on essaie de dormir malgré le froid et les deux couvertures pour dix. Nous sommes appelés chacun notre tour pour faire notre déposition. 4 heures du matin: c’est mon tour, j’apprends que je suis soupçonné «d’avoir lancé des projectiles sur les forces de l’ordre», lesquels, je ne sais pas mais, de toutes façons, je conteste ces allégations. 11 heures du matin : après avoir réclamé une bonne dizaine de fois un médecin, je finis par en voir un mais il est trop tard pour faire les points de suture qui auraient été les bienvenus. J’ai toujours très mal au bras gauche. Lundi après-midi: je suis à nouveau convoqué devant un officier. Je comprends alors que j’ai de réels problèmes: il veut me pousser à avouer ce que je n’ai pas fait, je ne cède pas. Il m’annonce alors que ma garde à vue va être portée à 48 heures car les policiers que j’ai blessés sont à l’hôpital et ne pourront être là que le lendemain pour une confrontation! Je suis raccompagné à ma cellule et commence sérieusement à broyer du noir: je suis visiblement accusé de quelque chose de grave et je ne sais pas de quoi, puisque je ne l’ai pas commis! Je pense alors au film «L’Aveu» de Costa-Gavras, histoire de bien me plomber le moral. Pour ne rien arranger, mes camarades d’infortune me quittent un à un: certains pour la liberté, d’autre pour une comparution immédiate (qui se tiendra finalement le lendemain après-midi). Ma deuxième nuit passera plus rapidement: des siestes interrompues par le passage de compagnons de cellule illustrant la France d’après: un dealer sénégalais, des vendeurs de Touw’ Effèle (sénégalais aussi), un Algérien arrêté pour conduite en état d’ivresse et des Géorgiens camés. A minuit, nouvelle visite chez un médecin: celui-ci me met trois jours d’ITT et bande mon bras gauche qui me fait souffrir. Mardi matin, 9 heures: confrontation avec les policiers que j’ai soi-disant blessés. Bien entendu, je n’ai blessé aucun des deux et cela apparaît dans leur déposition. On en vient donc à confronter nos versions. Je résiste aux intimidations et autres pressions policières grâce à la présence de mon avocat, Maître Pichon. Fin de la confrontation, j’ai appris au moins une chose: je suis accusé d’avoir renvoyé une grenade lacrymo sur les CRS. Ensuite, re-cellule puis transfert au dépôt, énième fouille, puis cellule individuelle, entretien avec mon avocat, encore un long moment en cellule avant mon audience qui se tient à 22 heures… Finalement, celle-ci est renvoyée au 11 mars! D’ici là, j’ai la chance de ne pas être placé en préventive. 23 heures: je respire enfin l’air de la liberté, accueilli par ma femme et mes amis. Un accueil qui réchauffe le cœur après la cinquantaine d’heures éprouvantes que je viens de passer. Ça aurait pu s’arrêter là mais trois jours plus tard une radio de mon bras gauche révèle que j’ai une fracture du cubitus. Oui, les policiers m’ont bastonné au point de me casser le bras! Me voilà plâtré pour un mois, avec trente jours d’ITT en poche pour la contre-attaque!

Notre avis est que manifester dans les «clous» ne sert à rien (toutes ces autorisations nous filent un mal de crâne carabiné), il vaut mieux se faire entendre lors des nombreux déplacements de nos élites juives hors de leurs ministères, et si en plus, y'a possibilité de taper la discute, c'est encore mieux.

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