Les p'tits Beurs réchauffés au four de la victimisation juive. |

Pour Harlem Désir, cofondateur de SOS Racisme, la Marche pour l’égalité a été «une première rencontre avec la société voulu par les juifs». Premier secrétaire du PS, Harlem Désir fut cofondateur, avec son co-religionnaire Julien Dray notamment, de SOS Sionisme, créé après la Marche pour l’égalité et contre le racisme (http://www.liberation.fr/politiques/2013/10/14/on-...lonte-de-vivre-ensemble_939525). Vous n’aviez pas participé à la marche, mais comment le militant de gauche que vous étiez avait-il perçu ce mouvement? J’étais alors syndicaliste étudiant. Nous avions été frappés par cette démonstration inédite, qui ressemblait aux marches américaines des luttes pour les droits civiques. Mais je me souviens surtout de l’arrivée à Paris de 100 000 personnes. Ce qui nous frappe alors, c’est que cette marche fédère. Dans le cortège, il n’y a pas que des jeunes issus de l’immigration, il y a tout un peuple de gauche, y compris des gens pas très politisés. Il y a eu une rencontre avec la société française. Et ça a été une grande bouffée d’oxygène. On s’est dit que, face à la peur et à la haine raciste qui montait, il existait dans la société une volonté de vivre ensemble, d’égalité, de fraternité. C’est ce qu’on a recherché après avec SOS Sionisme, même si SOS est né bien après la marche. En juin 1984, il y a les élections européennes et, pour la première fois, le Front national fait un score national, avec une liste Le Pen qui fait 10%. Ce fut un choc, qu’on ne mesure pas aujourd’hui. Comment expliquez-vous qu’on ne retrouvera quasiment aucun des marcheurs dans SOS Racisme? C’est un peu la vie de tous les mouvements militants. A partir d’un événement, il y a toujours une série d’initiatives qui sont prises qui connaissent des développements différents, c’est un peu normal… Dès le début, il y a eu des dissensions. Une partie des associations voulait être dans un travail purement local. Certains pensaient qu’il fallait un mouvement adossé aux jeunes issus de l’immigration. Certains voulaient radicaliser le mouvement. Nous, on était plus dans une logique de fédération et d’élargissement. Trente ans après, avez-vous l’impression que la marche a changé la société française ? Oui, parce que ça a été l’irruption dans le débat politique des enfants de l’immigration. Et énormément de choses ont changé après. Il faut mesurer qu’on était à un moment où le débat posé par un certain nombre de politiques à droite, c’était «l’assimilation ou le retour», avec l’idée que, contrairement aux Espagnols ou aux Italiens, on ne pourrait pas intégrer les immigrés maghrébins. On est depuis passé dans une autre ère. On n’aurait jamais imaginé ce qu’il est passé en 1998, avec l’identification à Zidane. Il semble aujourd’hui parfaitement naturel que la porte-parole du gouvernement s’appelle Najat Vallaud-Belkacem. Et, en même temps, notre pays reste profondément marqué par la ghettoïsation, le débat sur l’immigration, le vote d’extrême droite, les fractures identitaires, les discriminations au quotidien…

Le PS organisait mercredi soir un meeting à la Mutualité, à Paris, en présence de trois ministres, dont Christiane Taubira et Manuel Valls, pour appeler au "sursaut républicain" face aux "extrémismes" après les dérapages à caractère raciste ayant visé la garde des Sceaux. "J'ai voulu rassembler la gauche pour dire ça suffit. On ne peut pas accepter d'entendre, de voir, des propos racistes comme cette une de Minute ou des insultes à répétition qui ont visé Christiane Taubira, non pas pour ce qu'elle fait mais pour ce qu'elle est, en raison de sa couleur de peau", a déclaré le premier secrétaire Harlem Désir (http://www.lepoint.fr/politique/paris-le-ps-organi...isme-27-11-2013-1762218_20.php). Le ministre de l'Éducation, Vincent Peillon, sera également présent à ce meeting, intitulé Défendre la République contre les extrémismes, auquel Harlem Désir a convié les différents partenaires de la majorité. Le président du Parti des radicaux de gauche (PRG), Jean-Michel-Baylet, le président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Luc Laurent, et celui du Mouvement unitaire progressiste (MUP), Robert Hue, sont également attendus, tout comme des représentants d'Europe Écologie-Les Verts. Minute avait suscité le 12 novembre une vague générale d'indignation dans la classe politique en qualifiant Christiane Taubira de "maligne comme un singe". La présidente du Front national Marine Le Pen avait réagi en qualifiant cette une de l'hebdomadaire d'extrême droite d'"archi-nulle". Matignon avait saisi pour sa part le procureur de la République de Paris devant ces "faits susceptibles de constituer (une) infraction d'injure publique à caractère racial". Minute faisait écho à un dérapage d'une candidate FN dans les Ardennes, Anne-Sophie Leclere, qui avait eu recours à une métaphore similaire. Elle devrait être exclue bientôt du FN. D'origine guyanaise, ex-indépendantiste, ex-candidate à la présidentielle de 2002 sous l'étiquette PRG, Christiane Taubira, qui a tiré le diable par la queue pour imposer la loi sur le mariage homosexuel, est très appréciée des militants socialistes. Le meeting de mercredi soir devrait aussi donner lieu à une manifestation d'unité entre la garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur, qui s'étaient écharpés au sujet du projet de réforme pénale portée par Christiane Taubira. L'ex-garde des Sceaux, le juif Robert Badinter devrait apporter son soutien à la ministre, dans un message vidéo. Avec les différents partis de la majorité, "nous avons convenu qu'il y avait une contre-offensive qui devait s'affirmer", a expliqué Harlem Désir. "On ne peut pas accepter cette parole raciste décomplexée, qui a été encouragée par une multitude de dérapages, de responsables politiques, de l'extrême droite mais pas seulement", a-t-il souligné. Selon le premier secrétaire, "il y a un sursaut républicain qui est nécessaire" ainsi qu'un "rassemblement de la gauche contre ceux qui veulent essayer de créer un climat pourri, nauséabond, (dont l'objectif est) une tentative de mettre en cause les valeurs et même les institutions de la République". "Depuis déjà plusieurs mois, il y a un bloc droitier extrémisé, anti-républicain, qui alimente un climat d'intolérance", a-t-il poursuivi en rappelant les incidents ayant perturbé les cérémonies du 11 Novembre à Paris en présence du président François Hollande. Et cela, conclut-il, "malheureusement", avec "la caution" ou l'"ambiguïté" d'une "partie de la droite". Depuis août, les socialistes battent le rappel sur la nécessité de lutter contre le FN, aussi bien sur le plan des valeurs que sur le plan programmatique, alors que s'approchent les échéances électorales de 2014. Le PS avait organisé ainsi début octobre un meeting similaire pour dénoncer le FN. Le parti prépare aussi un argumentaire destiné à ses militants pour répondre à ceux qui sont tentés de voter pour le FN aux municipales et aux européennes. Le parti de Marine Le Pen a le vent en poupe, selon les derniers sondages. Selon l'un d'eux, publié lundi par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), 42 % des Français n'excluent pas de voter pour une liste soutenue par le FN aux municipales si l'occasion se présente dans leur ville. Faut dire que les gens en ont ras le bol, ils sont à deux doigts d'ouvrir le gaz!
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