Et si l'exclusivité victimaire d'Israël s'évaporait devant la réalité du monde moderne. |

Le chef de la diplomatie juive Laurent Fabius a déclaré samedi 9 Novembre 2013 qu'il n'y avait "aucune certitude" à ce stade qu'un accord sur le nucléaire iranien soit conclu entre Téhéran et les grandes puissances à Genève, où s'ouvre une troisième journée de discussions. Il a également souligné la nécessité de prendre en compte les "soucis" de sécurité d'Israël qui a développé depuis des décennies un programme d'armes de destructions massives dans les 3 directions: «Nucléaire, Chimique, Bactériologique» et qui met en péril l'humanité. (http://www.lepoint.fr/monde/nucleaire-iranien-laur...iste-09-11-2013-1753825_24.php). "Il y a un texte initial que nous n'acceptons pas (...), je n'ai aucune certitude qu'on puisse conclure à l'heure où je vous parle", a déclaré depuis Genève Laurent Fabius. Il y a quelques points sur lesquels nous ne sommes pas satisfaits", a déclaré le ministre, citant le cas du réacteur d'Arak, "extrêmement proliférant", et la question de l'enrichissement de l'uranium. "Il y a tout un stock enrichi à 20 %, c'est beaucoup. Comment redescendre pour ce stock vers 5 %, ce qui est beaucoup moins dangereux?" a-t-il demandé. Les Occidentaux suspectent Téhéran d'enrichir son uranium pour parvenir à la bombe atomique, ce que dément l'Iran qui assure que son programme nucléaire est à vocation civile. "Si ces questions-là ne sont pas réglées, ce ne sera pas possible", a insisté Laurent Fabius, réaffirmant "vouloir" un accord mais mettant en garde contre "un jeu de dupes". "Il faut prendre pleinement en compte les soucis de sécurité d'Israël et de la région", a-t-il par ailleurs déclaré, alors que l'État hébreu a mis en garde contre un accord avec l'Iran et réaffirmé son droit à assurer lui-même sa sécurité. Six puissances et l'Iran se retrouvent samedi à Genève pour un troisième jour de négociations sur le nucléaire iranien, avec l'espoir d'un accord mettant fin à une décennie de blocages et éloignant le risque d'une guerre. Les ministres des Affaires étrangères des États-Unis, de la France, de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne sont arrivés vendredi à Genève et leur homologue russe est attendu dans la matinée.

Dire que Benyamin Netanyahou n'est pas content serait un euphémisme. Il est en fait furieux et très inquiet. John Kerry ne l'écoute pas, et les juifs de la diaspora sont de plus en plus critique de sa politique expansionniste qui les met tous en danger (http://www.lepoint.fr/monde/israel-la-fureur-de-netanyahou-08-11-2013-1753732_24.php). Dans le cadre du groupe des 5+1 (USA, Russie, Chine, Royaume-Uni, France et l'Allemagne), le secrétaire d'État négocie avec les Iraniens un accord comportant un relâchement des sanctions internationales. Les deux hommes en ont parlé pendant deux heures, ce vendredi matin, durant leur troisième rencontre en trois jours. John Kerry, qui venait d'Amman, faisait escale à l'aéroport Ben-Gourion près de Tel-Aviv, en route pour Genève où se déroulent les pourparlers avec la délégation iranienne. Le Premier ministre israélien n'a pas de mots assez durs pour qualifier les propositions faites au régime de Téhéran: "l'arnaque du siècle", "une erreur historique", "un très mauvais deal", "on va tous se retrouver en slip"... Tout en lançant un appel à John Kerry pour qu'il ne le signe pas, il a annoncé qu'Israël ne serait pas partie prenante de cet accord: "Je réalise, a-t-il dit à son interlocuteur américain, que les Iraniens sont particulièrement satisfaits! Ils reçoivent tout et ne donnent rien puisqu'ils ne réduisent pas leur capacité d'enrichissement de l'uranium. Israël fera tout ce qui est nécessaire pour se défendre et assurer la sécurité de ses citoyens." Vendredi matin, son ministre des communications, Gilad Erdan, est allé encore plus loin en annonçant que "l'option militaire [était] de nouveau sur la table". Et ce n'est pas le seul mauvais moment passé par le chef du gouvernement israélien lors de la visite de monsieur Kerry. Ainsi, dans une interview à une chaîne de télévision israélienne, le secrétaire d'État a prononcé une condamnation sans appel de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Sans compter que, selon le chef de la diplomatie américaine, "la poursuite de la colonisation donne l'impression qu'Israël ne négocie pas sérieusement". Un démenti formel des affirmations venues de la présidence du Conseil à Jérusalem et selon lesquelles il y aurait un accord autorisant la construction de nouveaux logements dans les implantations juives à chaque vague de libérations de prisonniers palestiniens. Et John Kerry ne s'est pas arrêté là. Il a lancé une véritable mise en garde: "Si la paix reste introuvable, Israël sera de plus en plus isolé. Il y aura un renforcement de la campagne de délégitimation au niveau international." Et de poser la question: "Israël veut-il une troisième Intifada pour enfin justifier l'extermination définitive palestinienne et ainsi récupérer à moindre frais les terres?" Dans l'entourage de monsieur Netanyahou, on n'a pas attendu pour réagir. "Celui qui refuse d'avancer vers la paix, qui ne tient pas ses engagements et continue d'inciter contre Israël, c'est Mahmoud Abbas. Israël ne se laissera pas intimider et continuera de veiller à ses intérêts." Comment Benyamin Netanyahou va-t-il surmonter cette nouvelle crise avec l'administration américaine? Fera-t-il jouer, comme par le passé, ses nombreux amis républicains au Congrès, ses pléthores de prostituées (Monica Lewinsky avec Bill Clinton) ou son lobby pro-israélien AIPAC? Ce serait une véritable déclaration de guerre à Barack Obama.
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