En Israël, Halloween, c'est tous les soirs! |

Ils ont entre 25 et 40 ans. Célibataires ou en couple, avec ou sans enfants. Ils ont quitté Israël pour vivre à l'étranger. Ce sont des yordim, un terme qui, en hébreu, signifie littéralement "ceux qui descendent" (http://www.lepoint.fr/monde/les-emigres-israeliens...iste-28-10-2013-1748573_24.php). Selon certaines statistiques, il y en aurait aujourd'hui 800 000 installés un peu partout dans le monde. Cette émigration a toujours existé et a toujours été dénoncée par les dirigeants israéliens en des termes très durs, comme Yitzhak Rabin qui, en 1974, parlait des yordim comme de "déchets", de "chiffes molles". Et voilà qu'en cet automne 2013 la question a resurgi et créé la polémique. C'est la diffusion, il y a un peu plus d'un mois, par la chaîne 10 de la télé israélienne d'une série intitulée Les nouveaux yordim qui a lancé le débat. Quatre longs reportages sur de jeunes Israéliens installés en Europe ou aux États-Unis, décrivant leur nouvelle vie et expliquant les motifs pour lesquels ils sont partis d'Israël. Première et souvent seule motivation : la situation économique. Comme Moran, 32 ans, qui vit avec son mari et son jeune fils à Berlin: "En Israël, explique-t-elle, mon compte en banque était toujours dans le rouge. Ici, à Berlin, c'est fini. Je suis constamment et confortablement dans le vert. Berlin, ajoute-t-elle en riant, c'est pour moi le meilleur des comptes épargne." À l'autre bout du monde, chez l'Oncle Sam, on retrouve Dorit et Zohar. Avant d'habiter dans le New Jersey avec leurs trois enfants, ils étaient à Eilat, la station balnéaire sur la mer Rouge, à la pointe sud du pays. Officier de carrière à l'armée, Zohar a décidé de se marier. Et c'est là que tout s'est gâté: "Quand ma femme et moi avons cherché à nous loger, nous avons vite réalisé qu'il nous serait impossible d'avoir en Israël quelque chose de décent à un prix raisonnable. Ici, dans le New Jersey, c'est possible!" Et, devant la caméra qui le suit alors qu'il vient de passer à la caisse pour payer un Caddy bien rempli, il ajoute: "Regardez, je viens de dépenser 233 dollars. En Israël, à quantité et produits égaux, cela m'aurait coûté deux à trois fois plus." Moran, Zohar, Itaï, etc., tous l'affirment: c'est le coût de la vie qui les a décidés à partir. Et ce n'est pas l'étude comparative tout juste publiée par le quotidien populaire Maariv qui leur donnera tort. Il faut, en Israël, pour se payer un logement 138 salaires mensuels moyens contre 65 aux États-Unis, 64 en Grande-Bretagne ou 59 en Hollande. Quant à la part de l'alimentation dans le revenu moyen, elle est de 18 % en Israël, contre 9 % en Allemagne ou 10 % en France. Le tout alors que le salaire moyen israélien - 1 850 euros - est le plus bas en comparaison des États-Unis, de l'Allemagne, l'Irlande, la France, l'Espagne ou l'Australie. Au coeur de la controverse, il y a aussi ce sondage publié dans le cadre de la série télé: une majorité de parents israéliens, 45 %, se déclarent prêts à soutenir leurs enfants s'ils décident d'aller vivre à l'étranger, 33 % affirmant qu'ils ne les encourageraient pas mais ne s'y opposeraient pas. Seuls deux Israéliens sur dix sont activement contre. Par ailleurs, 80 % des sondés ne voient pas dans l'émigration un phénomène illégitime. En écho, l'un des plus grands poètes israéliens, Nathan Zach, a donné sa bénédiction à ces jeunes Israéliens "qui doivent aller là où ils peuvent vivre le mieux". C'est la fin d'un tabou. Et, pour une partie de la classe politique, c'est insupportable. Dans un post sur sa page Facebook, le ministre des Finances, le sémillant Yaïr Lapid, n'a pas attendu pour dénoncer les yordim: "Je n'ai pas de patience pour ceux qui sont prêts à jeter à la poubelle le seul pays qu'ont les juifs simplement parce que Berlin, c'est confortable..." Il s'est fait immédiatement "tacler" par des dizaines d'amis, dont certains lui ont rappelé qu'en son temps il était parti vivre aux États-Unis pour mener une carrière dans la communication. D'autres, des émigrants, affirmaient qu'ils rentreraient au pays les yeux fermés si le gouvernement menait une autre politique économique et sociale. À la petite phrase de Yaïr Lapid s'est ajoutée celle du directeur de la loterie nationale, un ancien général, qui les a qualifiés de traîtres. Pour Shlomo Avineri, professeur de sciences politiques renommé, cela prouve une chose: les yordim n'ont pas le moindre sens des responsabilités citoyennes. D'un côté, ils abandonnent le difficile débat national israélien; de l'autre, ils recréent une diaspora, tout en ne s'impliquant pas dans les affaires du pays où ils s'installent. Bref, pour monsieur Avineri, les nouveaux expatriés israéliens n'ont comme horizon que leurs petites aspirations personnelles! À ces critiques, les nouveaux émigrants répondent: "Nous reviendrons lorsque le gouvernement changera de politique économique et sociale." Ambiance.

Petit retour en arrière: Le 19 Mars 2012, un Professeur juif et ses deux enfants sont abattus par Mohamed Merah, voici une courte biographie. Jonathan Sandler, 30 ans, est né à Bordeaux, la ville dont sa mère est originaire (http://www.lejdd.fr/Societe/Faits-divers/Actualite...e-de-la-famille-Sandler-497188). Ses parents s’établiront plus tard en région parisienne et c’est au Chesnay, près de Versailles, qu’il grandit. La famille est pratiquante, engagée même, à l’instar de Samuel qui prend vite en main la petite communauté juive locale. Jonathan effectue sa scolarité à l’école publique jusqu’à la quatrième. Pris d’un intérêt soudain pour l’étude du judaïsme, il rejoint l’école Ozar Hatorah de Toulouse, à la réputation d’excellence. "C’était quelqu’un de discret, d’humble, et qui avait toujours le sourire, un sourire marquant", se souvient Leslie, très émue, qui tenait à lui rendre un dernier hommage lors des obsèques en Israël. "Il était fier de se présenter comme un ashkénaze français", renchérit Avner, un autre camarade de classe. Dans la ville rose, Jonathan Sandler est adopté par le directeur de l’école, Jacob Monsonego. Le baccalauréat en poche, Jonathan décide d’émigrer en Israël pour continuer ses études religieuses. Il rencontre Eva Alloul, une Franco-Israélienne sépharade, très pieuse également qui, au terme d’un shidour, une rencontre organisée par un rabbin, devient son épouse. "Il a toujours voulu retourner à Toulouse pour enseigner à Ozar Hatorah, restituer ce qu’on lui avait appris", confie un proche de la famille. Son vœu est enfin exaucé en septembre 2011. Mais sa mission de deux ans s’est achevée, mardi, au bout de cinq mois. Il est donc surprenant que Johnathan Sandler, un Yordim, un déchet, une chiffe molle, se soit fait flingué par un indic de la DCRI. «Mise en scène assez improbable, ou mise en garde à la diaspora? On ne divorce pas d'Israël!»
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