Pour son salaire, Duflot est prête à tout, même à sortir les poubelles. |

Il se passe toujours quelque chose chez les écologistes! Qu'ils soient dans la majorité ou dans l'opposition, rassemblés dans un seul mouvement ou éclatés dans une myriade de groupuscules, à la veille d'un congrès ou après une élection, ils sont incapables de parler d'une même voix (http://www.lepoint.fr/politique/scoop-les-ecolos-s...ores-22-09-2013-1733908_20.php) Dernier exemple en date, la sortie, la semaine dernière, du secrétaire général d'Europe Écologie-Les Verts. "Le président de la République a six jours pour nous dire ce que va vraiment être la transition énergétique", pour que le gouvernement définisse sa capacité "à intégrer les questions écologistes dans son logiciel", a martelé Pascal Durand. "Je demande au président de la République et au Premier ministre de s'engager sur 2015, 2016, 2017", a-t-il poursuivi. Si tel n'était pas le cas, "j'en tirerais les conséquences et je demanderais au mouvement d'en tirer les conséquences". "[Je ne serai pas] le secrétaire national du renoncement écologique", a-t-il conclu. Inutile de dire que Jean-Marc Ayrault et François Hollande ont mal pris cette sortie. Il est vrai que poser un ultimatum au président de la République est d'une maladresse rare, surtout quand on a rejoint la majorité! Les ministres Pascal Canfin et Cécile Duflot ou les parlementaires comme Jean-Vincent Placé et François de Rugy n'ont pas plus apprécié ces petites phrases. Chez Les Verts on a appris à adorer les ors du pouvoir et on souhaite s'y accrocher le plus longtemps possible! Dans les rangs du parti, passé la stupéfaction, on assiste à un concours de lâchage en règle, voire à une chasse à l'homme. Mis à part Noël Mamère, député-maire de Bègles, qui est au diapason de Durand - "si les seules propositions consistent en un bricolage, il faut quitter cette majorité, ce gouvernement" -, les autres hiérarques du mouvement ont pris leurs distances. On évoque même une intervention du Premier ministre relayée par Cécile Duflot pour demander la tête du fâcheux et lui conseiller de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat lors du congrès du parti, en novembre à Rouen. Flinguer le chef que l'on s'est donné, voilà l'occupation favorite des écologistes! Souvenez-vous de Yann Wehrling qui, de 2005 à novembre 2006, fut secrétaire national des Verts. D'abord encensé pour sa jeunesse - il avait 33 ans au moment de son élection - il est ensuite raillé pour son inexpérience politique!

Il quitte son poste sans fleurs ni couronnes, à ce point dégoûté qu'il rejoint deux ans plus tard le MoDem de François Bayrou. Auparavant, Gilles Lemaire occupa la tête des Verts de 2003 à 2005, mais ses déclarations contradictoires sur le traité constitutionnel européen firent exploser en vol sa fragile coalition au sein de son parti. Avant eux, une palanquée de candidats à la présidentielle furent ensuite "flingués" pour des motifs plus ou moins fallacieux. En 1981, Brice Lalonde engrange 3,88 % des voix, Antoine Waechter sept ans plus tard obtient 3,78 %, tandis qu'en 1995 Dominique Voynet rafle 3,32 % des suffrages. Un exploit quand on sait qu'à la dernière présidentielle Eva Joly s'est contentée de 2,31 % des voix! Quant à Noël Mamère, nanti de 5,25 % en 2002, il est lui aussi bunkerisé dans son parti et menace de quitter le mouvement comme le fit avant lui Daniel Cohn-Bendit qui eut le "tort" de porter le score du mouvement à plus de 16 % lors des Européennes de 2009! Tous sont aujourd'hui en voie de disparition! Et le cercle des potes disparus s'élargit encore avec la malheureuse Eva Joly, le rustique José Bové, le revanchard Nicolas Hulot, qui, dans son livre Plus haut que mes rêves, dresse un portrait calamiteux de ses amis d'hier, ou Jean-Luc Bennahmias, également exfiltré vers le ModDem, tous victimes de règlements de comptes internes. En interne, ce "Tournez manège" des leaders commence à lasser. D'autant que les municipales de mars et les européennes suivantes risquent de ne pas être brillantes. Personne ne se fait d'illusion sur la capacité du parti à égaler son score de 2009 (16,28 %) et de conserver ses 16 députés à Strasbourg. "Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé (président du parti au Sénat, NDLR) cadenassent le mouvement, avoue un membre du conseil fédéral. Ils espèrent conserver le plus longtemps possible leur rente de situation, empêcher la concurrence et se garder un éventuel destin national au chaud." Une chose est sûre: l'automne sera meurtrier, car virer le chef est une chose, mais lui trouver un successeur à la fois compatible avec les différentes chapelles du parti, pas trop charismatique pour ne pas faire de l'ombre aux pachydermes, capable de mener les troupes aux élections de 2014, en critiquant "ma non tropo" le gouvernement, revient à dénicher un mouton à 5 pattes. Et chez Les Verts, les manipulations génétiques sont interdites! La Duflot, elle balaye, elle récurre, et elle mange Bio. Souhaitons leur quand même bon retour dans leur vie de petit bobo complexé.
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