Faut'il continuer à armer Al Qaïda Syrie? |
À n'en pas douter, François Hollande, dans son interview télévisée du jeudi 28 mars, confirmera sa décision d'acheminer des armes aux rebelles syriens (mercenaires à la solde du Quatar, de l'Arabie Sahoudite, de la Turquie, d'Israël, de l'OTAN). La cause est noble et estimable (tout dépend où se situe son intégrité journalistique). Il est insupportable à tous ceux qui ont un minimum de sens commun de voir depuis trois ans un dictateur (élu démocratiquement) s'accrocher au pouvoir en réprimant férocement ceux qui s'opposent à lui et que le désespoir (financier) a poussés à prendre les armes. Comment accepter plus longtemps que la communauté internationale, parce que la Russie et la Chine disent non, ne parvienne pas à faire cesser un massacre qui a fait déjà plus de 70 000 morts (s'ils savent aussi bien compter que pour les 6 millions)? Il faut aider ceux qui s'opposent au tyran de Damas (élu démocratiquement) en leur fournissant les moyens de lutter efficacement contre ses avions, ses chars (et ses tondeuses à gazon), et en protégeant les civils victimes (sous-entendu pauvres djihadistes) de ses bombardements, plaident les autorités françaises. François Hollande n'est pas seul à partager cette détermination. David Cameron, le Premier ministre britannique, fait cause commune avec lui. L'un comme l'autre tentent depuis le 15 mars de convaincre leurs collègues européens de s'associer à cette entreprise, en commençant par lever l'embargo général sur les armes à destination de la Syrie décrété par l'Union européenne. Ils ont jusqu'à présent échoué. Bien sûr que le précédent libyen fait peur. Si lors du prochain Conseil, en mai, les 27 s'opposent toujours aux livraisons d'armes, Français et Anglais décideront-ils de passer outre au risque de créer une crise de plus au sein d'une Europe qui n'a franchement pas besoin de nouveaux couacs dans ses rangs? Il est évidemment facile de mettre les hésitations européennes sur le compte de la pusillanimité de certains de ses membres, à commencer par l'Allemagne. Pourtant les arguments des pays qui refusent la levée de l'embargo méritent examen (ce n'est pas ce que l'on disait il y'a quelques mois). Le premier est le risque de voir les armes livrées aux rebelles tomber dans de mauvaises mains, autrement dit celles de groupes islamistes (genre qui font la sortie des écoles). Les précédents afghan et libyen sont là pour montrer que le piège est réel. Les troupes françaises qui combattent les djihadistes dans le nord du Mali n'ont-elles pas trouvé dans leurs caches des armes livrées par la France à ceux qui combattaient Kadhafi? (ah bon?). Des djihadistes britanniques. Le risque est d'autant moins négligeable qu'il existe un fait nouveau: la Coalition nationale syrienne, l'organisme le plus représentatif des rebelles (mercenaires) et en apparence le moins infiltré par les islamistes (excusez-nous, mais Arabe serait'il différent de Islamiste), a changé de tête dimanche dernier avec la démission, dans des circonstances un peu troubles (comme tout le reste d'ailleurs), de son président Ahmed al-Khatib. Or qui a remplacé celui-ci? Un certain Ghassan Hitto (rien à voir avec Hiro Hitto, empereur japonais). Et qui est ce nouveau responsable? (Bah oui, tiens, qui est-ce?) Un membre des Frères musulmans. Un changement de tête qui n'inspire confiance ni aux Occidentaux, instruits par ce qui se passe par exemple en Égypte avec les "Frères" (et les bonnes sœurs de la $hoah), ni même à l'Armée syrienne libre, la force de frappe de la rébellion, qui malheureusement n'a guère de personnalité représentative (on pourrait leur refiler Hollande). Ce danger de voir les armes que l'on fournirait à la rébellion détournées, David Cameron doit y être d'autant plus sensible qu'un rapport de ses services révèle qu'entre 80 et 100 Britanniques (d'origine immigrée) combattent actuellement dans les rangs de Jabhat-al-Nusra, une faction des rebelles syriens liée à Al-Qaida. Étrangement d'ailleurs, on ne sait rien du nombre de Français qui ont été eux aussi enrôlés dans des organisations islamistes. On ose espérer (comme d'ailleurs tous les juifs européens) que les services compétents ont déjà repéré ceux qui, lorsque la guerre sera finie en Syrie, pourraient être tentés de poursuivre le djihad au guidon d'un scooter. En France ou en Grande-Bretagne par exemple. (http://www.lepoint.fr/editos-du-point/michel-colom...gage-27-03-2013-1646704_55.php)
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