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Quand la France lutte contre les islamistes maliens qu’elle arme en Syrie et en Libye

Среда, 16 Января 2013 г. 08:10 + в цитатник

Hollande visite la pompe à fric!/5046362_Hollande_Visite_La_Pompe_a_fric (700x596, 253Kb)A nouveau une franche rigolade chez Breizatao (http://breizatao.com/?p=12267). Le conflit au Mali dans lequel s’engage la France est l’occasion pour la presse régionale de se faire le zélé porte-voix de ses maîtres. À l’instar de l’inénarrable Jean Guisnel qui dans les colonnes du Télégramme se lance dans une croisade démocratique – verbale – aux accents néo-coloniaux décomplexés. Celui-ci expliquant en somme à ses lecteurs français le point de vue du gouvernement français sur la question. Heureusement qu’internet offre l’accès à des journaux étrangers libres de cette infâme propagande franco-française et nous permet de livrer à nos lecteurs un point de vue objectif de la situation. La presse allemande ne cache pas son interprétation des faits: à ses yeux, il ne s’agit ni plus ni moins qu’une campagne néo-coloniale française en Afrique. Ainsi peut-on lire dans le quotidien de gauche Die Tageszeitung l’opinion de Dominic Johnson : “L’Afrique est traditionnellement un domaine politique au sujet duquel la France ne voit absolument pas pourquoi elle devrait se concerter avec ses partenaires européens —tandis que pour le reste, elle chante les louanges de l’unité européenne. Une politique extérieure française de gauche reviendrait à changer cela. Est-ce trop demander au nouveau gouvernement socialiste d’Hollande que d’attendre une politique extérieure réformée en Afrique? Visiblement oui, malheureusement.“ Ce même Dominic Johnson s’emportant finalement contre le “néocolonialisme de gauche” du gouvernement français. On ne saurait mieux résumer. La rhétorique officielle du gouvernement français est simple sinon simpliste: le Nord du Mali veut faire sécession sous la direction de groupes berbères et arabo-berbères, globalement représentés par des “factions musulmanes djihadistes” dont les activités économiques sont fortement liés à divers trafics au cœur du Sahel. La France se veut donc “garante” de la souveraineté du Mali, de son intégrité territoriale et entend lutter contre le “djihadisme” et le “terrorisme”. D’ailleurs pour Jean Yves Le Drian, les groupes armés qui affrontent les forces françaises sont simplement des “terroristes” et l’Azawad, le Nord-Mali, un “état terroriste” en devenir.
Un appel en PCV pour Hollande/5046362_Au_Bout_Du_Fil_1_ (474x575, 93Kb)
Or, la concept même “d’état terroriste” est une idiotie: un état, par définition, est reconnu internationalement et est donc comptable au regard du droit international. Ses activités intérieures sont globalement soumises à sa seule volonté. Il peut en revanche y avoir un “terrorisme d’état”, tel que nous l’avons connu avec la Libye de Kadhafi, l’Iran de Khomeini ou… la république française lors de l’affaire du Rainbow Warrior ou encore en Syrie où ses services appuient des groupes terroristes islamistes. Le fait est que le Nord-Mali berbère et arabo-berbère ne veut pas être sous domination des noirs du Sud. Il veut s’émanciper. On brandit la question de l’application de la Chariah comme une menace de première ordre. Pourtant, elle est appliquée en Arabie Séoudite sans que cela ne dérange qui que ce soit, à commencer par François Hollande qui était précisément en visite dans ce pays ces derniers jours… L’interprétation religieuse des arabo-berbères est une chose, mais elle leur appartient. Nul ne peut croire que la France avec son ridicule corps expéditionnaire de 2500 hommes, dont peut être 1000 au front, pourra imposer “la démocratie” sur un Nord-Mali de 700 000 kilomètres carrés, soit plus que la France… Et surtout pas à des populations nomades autochtones dont l’anthropologie n’est ni réformable ni à réformer. Bref, la rhétorique démocratique et anti-terroriste ne doit pas tromper le public breton. Il ne s’agit ni plus ni moins que de maintenir à toute force une fiction d’état-nation malien de type jacobin, c’est-à-dire cosmopolite, sans cohésion ethnique, raciale ou religieuse. Un modèle-type d’état produit directement par la colonisation française. En vérité, ce qui se joue, c’est l’influence culturelle politique française en Afrique, avec d’un côté les ethno-nationalistes désirant s’émanciper et de l’autre des états-nations factices, dont les gouvernements fantoches sont les jouets de Paris. Naturellement, les USA appuient cette action dans la seule perspective d’une pénétration chinoise en Afrique même. Pour les USA, l’Afrique a vocation à être un précarré énergétique. Or, l’exemple du Soudan, partitionné depuis peu en deux entités, a démontré que la Chine entendait soutenir quiconque la ravitaillait en pétrole, gaz et autres minerais. Comme de juste, le “Darfour” fut l’occasion pour les cénacles sionistes – avec en tête Bernard Henri Lévy – de vendre un conflit sous des allures de croisade humanitaire alors qu’il ne s’agissait que de pure géopolitique. L’action française au Mali est marqué du sceau de l’échec. L’armée française pourra peut être disperser temporairement des groupes armés arabo-berbères mais certainement pas de contrôler l’immense territoire désertique sahélien où ils vivent. De fait, l’état malien a cessé d’exister dans le nord. Aucune espèce d’issue autre que l’indépendance du nord n’est possible. D’autant que d’autres foyers vont s’allumer, de la Mauritanie au Tchad. Et la décision française de tenter d’inverser le cours de l’histoire à son profit ne va que l’exposer à la pression des innombrables djihadistes de la région et du monde entier. La France récolte le fruit de ses actions criminelles en Syrie où elle a soutenu activement des factieux islamistes contre le gouvernement syrien. Politique qu’elle a déjà mené en Libye. L’action des arabo-berbères de l’Azawad étant d’ailleurs un des impacts immédiats de l’agression française contre l’état libyen, désormais anéanti. Cette destabilisation poussée par Bernard Henri Lévy et le gouvernement français génère donc ses prévisibles conséquences. L’intérêt breton commande naturellement de récuser la rhétorique néo-coloniale française qui se cache sous les termes de “démocratie” ou de “lutte contre le terrorisme”.

BHL le Tambourineur de la guerre/5046362_Berliner (700x548, 229Kb)

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