le mot hijab est utilisé cinq fois4 dans le Coran. Dans aucun cas il ne fait référence au vêtement féminin, pour lequel deux formules sont utilisées (khoumour et jalâbîb).
Le mot voile veut dire « rideau », il est devenu le symbole d'une séparation entre la femme et l'homme.
Le terme « voile » en français, celui que l’on porte sur la tête est abordé (indirectement) deux fois dans le Coran :
Dans la sourate XXXIII, verset 59 :
« Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de resserrer sur elles leurs voiles : c'est pour elles le meilleur moyen de se faire connaître et de ne pas être offensées. - Dieu est celui qui pardonne, il est miséricordieux ; traduction Denise Masson. »
Le mot traduit par « voile » ici et dans beaucoup de traductions est le mot arabe jalabibihenna (جَلَابِيبِهِنَّ), de jalâbib qui est le féminin pluriel de jilbab (la djellaba maghrébine ou la galabeyya égyptienne) qui signifie donc « robe », « habit », « châle » ou « mante ». Ce verset coranique constituerait donc davantage un appel à la bienséance et à la préservation sociale qu'une injonction vestimentaire spécifique.
Dans la sourate XXIV, versets 30,31 :
« Dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chasteté. C'est plus pur pour eux. Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce qu'ils font. Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs (...) (versets 30, 31) ; traduction Muhammad Hamidullah. »
Le mot traduit par « voile » ici est le mot arabe « khimar » qui signifie « mante » ou « mantille ». Quant au terme rendu ici par « poitrines », il s'agit du terme arabe « juyub », que d'autres traducteurs ont rendu par échancrure, gorges, seins, ou encore décolletés6. Le terme juyub est utilisé par le Coran au singulier jayb (qui veut dire corsage, chemisier ou blouse6) à propos de Moïse (27:12 ; 28:32) dans le sens de l'ouverture de la chemise.
Chronologiquement, la sourate XXXIII précède la sourate XXIV7.
Loi n° 2010-1192 du 11 octobre 2010
Nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage.
« Art. 225-4-10.-Le fait pour toute personne d'imposer à une ou plusieurs autres personnes de dissimuler leur visage par menace, violence, contrainte, abus d'autorité ou abus de pouvoir, en raison de leur sexe, est puni d'un an d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende.
« Lorsque le fait est commis au préjudice d'un mineur, les peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 60 000 € d'amende. »
Selon Rachid Nekkaz, seules 28 % des femmes ont enlevé leur voile "par peur" après la mise en application de la loi. Mais depuis le procès de Meaux, le 22 septembre 2011, où, pour la première fois, deux femmes ont été condamnées pour avoir porté le voile sur la voie publique, Nekkaz estime que 18 % de musulmanes se sont voilées pour la première fois.
Le 11 avril 2011, la loi interdisant le port du niqab dans les espaces publics entrait en vigueur. Elle était censée s'appliquer à 2 000 personnes, selon les chiffres communiqués à l'époque par le ministère de l’Intérieur. Selon Lila Citar, elle ne concernerait aujourd'hui guère plus de 500 à 600 femmes...
Le texte de la loi, qui prévoit que "nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage", punit l’infraction d’une amende pouvant aller jusqu’à 150 euros ou d’un stage de citoyenneté. Si les syndicats de police estiment la loi "très difficile à appliquer",
Le niqab comme revendication d'un feminisme islamique
Sakina est également le nom d'une des arrières-petites-filles du prophète Mahomet (la grand-mère de Sakina était Fatima, fille du prophète et épouse d'Ali, le quatrième calife). Figure emblématique de la femme libre des premiers temps de l'islam, elle accompagnait son père, Hussein ben Ali, lorsque celui-ci fut massacré à Kerbala pour avoir refusé de prêter serment au fils de Muhawiya. D'une beauté qui rivalisait avec sa grande intelligence, Sakina se fit connaître pour ses attaques politiques envers la dynastie omeyyade. Passionnée par les affaires de la cité, refusant le Hijab et recevant des poètes chez elle en toute liberté, Sakina se maria cinq fois (certains prétendent six). Elle fit signer à ses époux des contrats de mariage stipulant qu'elle ne consentait pas à la Ta'a (principe d'obéissance au sein du mariage musulman) et qu'elle refusait à son mari le droit à la polygamie. Elle alla même jusqu'à traîner l'un d'entre eux devant le tribunal pour infidélité. (source: F. Mernissi: Le Harem politique, Albin Michel, 2010)